Chateau de GRAILLY
le château pris en 1307.
L'année 1307, et le vendredy suivant, les dicts seigneurs (le comte Amé de Genevois et le dauphin Hugues de Faucigny) marcherent devant le chastel de Ville-la-Grandt, et le prindrent le dimanche en suivant, puis le firent arraser.
« Le comte Amé, apres avoir basti le chasteau des Marches sur la marche et frontiere du Dauphiné, pour estre marchisant au pays de ses adversaires, fist rebastir et remparer la ville et chasteau de Villela-Grandt, que messire Hugues deGeneve avoit
La tour fortifiée de Ville-la-Grand fut abattue en 1592 par ordre du Magnifique Conseil. — Un prieuré de Bénédictins existait jadis dans ce lieu
Chateau des Grailly détruit par les genevois au XVIème siècle
Tout naturellement, comme toutes les places fortes, VILLE-LA-GRAND avait son château. Quand fut-il construit ? On peut supposer au cours du XIIIème siècle puisque les textes nous disent que seule la Famille De GRAILLY l'occupa et cette dernière n'apparaît dans l'Histoire de Ville-La-Grand qu'à partir de 1281.
Il se situait entre le Foron, près du Juvénat, et le Bief qui coulait alors le long de ce qu'est aujourd'hui la rue du Pont neuf, à hauteur de l'ancien moulin, probablement de l'époque, qui vient d'être réhabilité en logements. Ce Château aurait possédé des souterrains qui conduisaient jusqu'à l'ex-café VITAL au coeur de VILLE-LA-GRAND, mais aussi jusqu'à la Tour d'AMBILLY.
Mais attardons-nous quelques instants sur cette famille DE GRAILLY qui régnera sur la commune pendant cinq siècles, et dont le dernier vestige existant encore aujourd'hui, se situe dans le sous-sol ou cave de l'École Saint-François, dit le JUVÉNAT, dont l'emplacement constituait la ferme du Château et dont les fondations sont probablement celles d'origine.
Il s'agit d'une pierre de pressoir en granit qui porte les armoiries de cette famille avec une inscription en relief : " Noble GASPARD de Grillyers, Seigneur de Ville-la-Grand m'a fait mettre icy, l'an 1553 et le 13 août ". Fin de citation.
L'histoire de la famille DE GRAILLY est longue et a été développée dans le détail par un historien, Monsieur BUATHIER, qui en a édité une brochure qu'il est possible de demander en mairie, puisqu'il en reste une certaine quantité.
De la recherche de Monsieur BUATHIER, sont apparues, du moins pour le grand public, les armoiries des De GRAILLY. Elles ornent une face de la médaille d'honneur de la ville. Avec l'élaboration de la dite médaille a été édité un diplôme l'accompagnant, remis à chaque récipiendaire. Il retrace succinctement les principaux faits qui ont marqué les générations de cette famille au cours de leur souveraineté sur VILLE-LA-GRAND. Nous nous contenterons de vous le reproduire. Il est très difficile de déterminer quand VILLE-LAGRAND, ancienne ville romaine, est devenue Seigneurie du Moyen Age...
Jean Ier De Grailly en fût probablement l'acquéreur vers 1281, grâce à ses liens avec les Comtes de Savoie... Peu avant sa mort, en 1303, Jean Ier De Grailly légua, par testament public, à son petit-fils Pierre II, tous ses fiefs dont Ville-La-Grand. Le Comte Amédée II de Genève, allié au Sire du Faucigny, ravagèrent les environs de Genève et prirent le Château de Ville-La-Grand, le 20 août 1307. Jeanin De Grailly, en 1356, est le premier membre des De GRAILLY de Ville-La-Grand connu avec certitude... Amédée De Grailly, fils de Aymon, fut le premier à posséder et à résider à Ville-La-Grand, partagée avec Anne De Grailly. En 1424, Le Comté de Genève fut réuni à la Savoie. En 1482, on compte 60 feux, c'est à dire 250 à 300 habitants. Robert, fils d 'Amédée, reprit la Seigneurie de Ville-La-Grand au décès de son père en la partageant avec Louis De Grailly. Les Bernois déclarèrent la guerre au Duc de Savoie au début de l'année 1536, le château de VILLE-LA-GRAND fut brûlé au cours de l'invasion. En 1592, pour sa sauvegarde, Genève décida de ruiner tous les châteaux de ses environs dont celui de Ville-La-Grand. Les Savoyards souhaitent en finir avec Genève et c'est "1 Escalade" manquée (1602) suivie du Traité de Saint Julien. Les premières armes des De Grailly figurent sur un cachet de cire appendu à un document de Pierre De Grailly, conservé au Musée aquarium d'Arcachon.
La famille gardera le fief de VILLE-LA-GRAND jusqu'en 1748. A ce moment là, la veuve de Charles Nicolas De GRAILLY épousera François de Gondé qui passera une " reconnaissance " pour les masures du château en 1773.
C 'était le commencement de la fin pour la famille De GRAILLY de VILLE-LA-GRAND qui ne survivra pas dans ses attributions seigneuriales au nivellement révolutionnaire de 1789. Il n'en demeure pas moins que cette famille a joué un rôle de premier plan, et que son histoire demeure étroitement liée à celle de VILLE-LA-GRAND. La famille s'est éteinte, selon les experts avec la dernière des filles de Joseph-Antoine : Louise-Françoise qui épousa Claude PACORET comte de Saint-Bon, Sénateur Président du Tribunal de CHAMBERY, au XIXème siècle.
La coquille tirée des armoiries de la famille de Grailly,
rappelle l'ancienne union à Ville-la-Grand, dont les de Grailly
étaient seigneurs. Les trois glands évoquent les chênes
centenaires de la commune. Ces armes de composition furent
approuvées, le 9 septembre 1924, par le Conseil d'Etat.
Au haut Moyen Age,les villages de Presinge et de Puplinge faisaient partie de Ville-la-
Grand, dont le territoire était une imbrication de fiefs relevant du Faucigny et du Genevois. Au XIIIe siècle ces terres revinrent à la Savoie. Plus tard, Louis de Bonivard acquit le château de Grailly et depuis 1420, l'église de Presinge dépend du Chapitre cathédral de Genève. Longtemps rattachée à Pulinge, la commune de Presinge
gagnera son autonomie en 1830.
A l'heure des luttes d'influence entre les comtes de Genevois et du Faucigny, le fief des nobles de Presinge dont le territoire englobait le hameau de Puplinge, fut absorbé par le sire de Grailly, résidant à Ville-la-Grand et par le seigneur de Compeys, actuellement
Compois.
Bientôt, ces deux familles se rallièrent à la maison de Savoie. Sous l'autorité bernoise, la région devint protestante, pour redevenir catholique lorsque Berne la rétrocéda à la Savoie. En 1816, Presinge et Puplinge furent réunies de force en une seule et même
commune, par le Traité de Turin. Alors que jusque là les deux hameaux avaient vécu en parfaite harmonie, ils se mirent à se détester souverainement. L'initiative de la séparation fut prise par Presinge, dans une lettre adressée au Conseil d'Etat en 1850,
signée de 64 habitants. Les Puplingeois étant d'accord, la séparation fut entérinée en novembre 1851.