Rumilly est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie et la région Rhône-Alpes. C'est la capitale du pays de l'Albanais.
Le site de Rumilly se situe au confluent du Chéran et de la Néphaz. La ville se trouve naturellement limitée au nord, à l'est et à l'ouest par ses deux rivières profondement encaissées, aux falaises presque partout abruptes. Au sud, une vaste pénéplaine s'étend au-delà d'Albens.
Deux possibilités sont évoquées pour expliquer la provenance du nom de la ville[3] : d'une part la famille romaine « Romilia », peut-être à l'origine de la ville, et d'autre par « Rumilia », déesse des nourrices (au VIIe siècle sainte Agathe était la protectrice de la paroisse de Rumilly, et sainte patronne des nourrices). Au IIe siècle av. J.-C., les légions de Rome développe la cité de Romillia.
Préhistoire et époque gallo-romaine [modifier]
A partir du IIe siècle av. J.-C., les légions de Rome s'emparent de la Savoie. Les romains, comprenant vite l'importance stratégique du site, établissent une citadelle au confluent du Chéran et de la Néphaz et y construisent un pont. Au pied de la citadelle, se développe la cité de Romillia.
Sous l'Empire de Charlemagne, la Sapaudia est divisée en pagus, le pagus major Genevensis comporte le pagus minor Albanensis ou l'Albanais, a pour capitale Rumilly.
Dès le Xe siècle, la ville est fortifiée par les comtes de Genève, auxquels les évêques de Genève qui en sont propriétaires l'ont inféodée. Ils bâtissent un château-fort à l'emplacement de l'ancienne citadelle romaine. Au sud de la ville, un large et profond fossé est creusé.
À la suite des comtes de Genève, les comtes puis ducs de Savoie compléteront le système défensif de la ville. En 1419, le duc Amédée VIII de Savoie et son épouse sont reçus dans la ville de Rumilly.
Époque moderne [modifier]
En 1630, Louis XIII fait envahir le Duché de Savoie. Selon la "légende", inventée par Joseph Béard dans la chanson La passenaille. Los capoés, Rumilly aurait résisté à l'armée de 20 000 hommes notamment en bouchant les serrures des portes de la ville avec une pasnaille, une carotte en patois savoyard, aujourd'hui emblème de la ville. Lorsque le maréchal de Bassompierre leur annonce le 23 mai la capitulation des autres cités savoyardes, les Rumilliens assiégés répondent « E capoë ! » (« Et alors ! »)[4]. Cette interjection est devenue la devise de la ville. Le surnom des rumilliens, les passenaillus, vient de cette histoire. Les hommes du maréchal Du Hallier attaquent alors la ville retranchée derrière ses fortifications, et seule une religieuse bernardine, Mademoiselle De Pesieu de Salagine, sauve la ville de l'incendie. Les fortifications de la ville sont alors complètement démantelées et le château rasé.
Dans les faits, la résistance des Rumiliens fut très limitée. La capitulation de la ville a été négociée assez rapidement avec les troupes françaises. Celles-ci acceptèrent que les Rumiliens défilent en armes pour « sauver l'honneur ».
En 1690, la ville de Rumilly oppose une nouvelle fois une résistance aux troupes de Louis XIV, sous les ordres du général Saint-Ruth. Une dizaine d'habitants trouve la mort dans les combat du 15 août 1690.
En 1742, lors de la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), la Savoie est envahie par les troupes espagnoles. Un détachement se présente à Rumilly mais le gardien de la Porte de Chambéry, Marcoz d’Ecle, un bourgeois de la ville, leur refuse l'entrée. Sommé de rendre ses armes, il aurait répondu : « Sont-t-lié voûtrè ? » (« sont-elles à vous ? »). Il se fit tuer sur place.
De 1945 à nos jours [modifier]
Au XIXe siècle l'implantation d'une gare - rapprochant la ville d'Annecy -, celle de l'École normale de Filles (pour les deux départements de la Savoie) à partir de 1860 et des premières industries donnent un nouvel avenir au bourg rural. L'Albanais est alors le grenier à blé des Savoie, et un passage obligatoire entre Annecy et Chambéry.
Une manufacture de tabacs est construite et emploie de nombreux ouvriers.
Entre novembre 1987 et juillet 1988, un gang secret, de huit jeunes rumilliens dont deux majeurs, a semé la terreur dans l'agglomération, comme un remake locale du film Orange mécanique. Causant ses méfaits la nuit, la bande cagoulée et armée s'en prenait aux personnes seules et sans défense, à l'extérieur ou chez elles, pour les agresser physiquement, les martyriser et les voler. En quelques mois ils ont été responsables de la mort de trois personnes et ont dérobé près de 50 000 euros [5].
Instances judiciaires et administratives [modifier]
Rumilly dépend du tribunal d'instance et de grande instance d'Annecy et de la Cour d'Appel de Chambéry. Un conciliateur de justice assure une permanence dans la commune deux fois par semaine. Depuis 4 ans, la municipalité a mis en place un réseau de médiateurs bénévoles.
Politique environnementale [modifier]
Depuis 2007, Rumilly est une des six Villes-portes du Parc naturel régional des Bauges (avec Annecy, Chambéry, Aix-les-Bains, Albertville et Ugine).
Rumilly compte trois fleurs au concours national de fleurissement, respectivment obtenues en 1994, 1997 et 2003. Candidate à l'obtention d'une quatrième fleur en 2007, le jury régional a jugé cette attribution prématurée.
Il faut rappeler que le jumelage est une relation établie entre deux villes de pays différents qui se concrétise par des échanges socio-culturels.
La ville de Rumilly[10] est jumelée avec :
La ville est aussi jumelée avec la 4e compagnie du 27e Bataillon de Chasseurs Alpins d'Annecy
Manifestations culturelles et festivités [modifier]
- Festival du chocolat, au mois de mars.
- Festival du premier roman, au mois de mai.
- La « balouria » est une fête des métiers anciens (vannier, maréchal-ferrant, scieur de long, sabotier, affûteur, etc.) et des produits du terroir (boudin, beignet, bidoyon, matafan, beurre de baratte, etc...). Elle se tient le premier samedi d'octobre[10].
- Fête patronale début septembre (fête foraine, défilés, feu d'artifice...)
- Fête du plan d'eau le 15 août (jeux intercommunes, bal,...)
- Fête patronale, le deuxième week end de septembre (fête foraine, défilé, feux d'artifice...)
- Foire d'automne (et salon du fromage), en octobre.
Monuments civils [modifier]
- Vieux quartiers avec maisons Renaissance, arcades et fontaine de la Place de l'Hôtel de ville.
- Place Grenette : halle au blé de 1820.
- Bâtiment des Tabacs. Bientôt détruits.
Monuments religieux [modifier]
- Église Sainte-Agathe néo-classique sarde (1843). L'orgue, de 19 jeux et 1 094 tuyaux, a été construit en 1880 par le facteur d'orgues Joseph Merklin, il s'agissait d'un orgue d'esthétique romantique. En 1958 quelques modifications avaient été faites pour lui diminuer sa couleur romantique. L'orgue fut restauré en 1982 par Jean Bourgarel, puis il fut classé Monument historique le 1er avril 1985. Une nouvelle restauration a eu lieu en 1989/1990 par Lucien Simon.
- Chapelle Notre-Dame de l'Aumône (bords du Chéran)
- Plan d'eau des Pérouses, créé dans les années 1980, il est alimenté par une nappe phréatique.
- Bois de la Salle, 18 hectares situé sur les hauteurs de la ville, acheté en 1972 au baron Dianous de la Perrotine.
Le Restaurant "La Boîte à Sel" : une fourchette au Michelin ("Modeste restaurant d'une rue commerçante proposant une cuisine traditionnelle façon bistrot. Trompe-l'oeil paysager en toile de fond et aimable accueil")[17].
Depuis 2006, un salon des vins et de la gastronomie est organisé à la fin du mois d'octobre.
Patrimoine culturel [modifier]
- Musée de l'Albanais, en cours de reconstruction.
- Rumilly est la patrie de Joseph Béard, poète et médecin du XIXe siècle, à qui l'on doit la devise de Rumilly Et Capoé ? et l'invention de la légende qui l'accompagne.
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